mardi 15 juin 2021

Virée dans le vaccinodrome de Bab El Oued

Il est 10h30 en ce mardi 8 juin 2021. Fatah, la quarantaine, attend sous un soleil de plomb son père qui est candidat à la vaccination au niveau du vaccinodrome installé plus exactement à la place R’mila, située pas loin de la place El Kettani, à quelques encablures de l’EPSP de Bab El Oued. Sur place, une cohorte de personnes s’est déjà constituée devant les chapiteaux qui se sont vite avérés exigus.

En tout, six chapiteaux ont été installés. Dépliés en forme de U et protégés par des barricades, ils font office d’annexe à l’établissement de santé de la commune, nous explique M. Belamara Khalad, directeur de l’EPSP de Bab El Oued.

«Nous avons aménagé deux pavillons en salles d’attente l’une pour les hommes et l’autre pour les femmes, deux autres destinées à la consultation et l’enregistrement, une salle réservée à la vaccination et une dernière à l’observation des vaccinés qui doivent patienter une demi-heure, le temps de se voir remettre leur carnet vaccinal, où est notée la date du rappel, dans les trois semaines à venir et aussi de s’assurer qu’ils ne présentent pas de malaise», affirme Daoud Boudiba, médecin à l’EPSP de BEO. Des tickets bleus sont distribués aux candidats.

Chacun attendant son tour dans les chapiteaux équipés de chaises. Le port du masque est respecté, mais la distanciation faisait un peu défaut. Les citoyens passent d’abord une consultation chez l’un des quatre médecins de service. «On doit d’abord s’assurer qu’ils ne sont pas sous traitement avant de les faire vacciner», explique le docteur Boudiba. Un autre espace est dédié aux vaccins.

Le patient a le choix entre le Sinovac (chinois) et l’AstraZeneca (suédo-britannique). Ce dernier est préconisé pour les plus de 55 ans. «Pour l’heure, la plupart de ceux qui sont venus sont des personnes âgées et qui souffrent de maladies chroniques, tous préfèrent le Sinovac  et refusent l’AstraZeneca, victime d’une mauvaise publicité. Quant au vaccin Sputnik, nous n’avons reçu qu’une petite dose», révèle le Dr Boudiba, précisant que les doses sont conservées dans des petits réfrigérateurs afin de ne pas rompre la chaîne du froid.

Dans la salle d’observation qui est équipée de deux banquettes et de deux grandes bouteilles d’oxygène, une septuagénaire a été placée sous observation, car souffrant d’hypertension. Une autre dame, la soixantaine, nous fait part du drame familial que lui a infligé cette pandémie. Elle dit avoir perdu son frère, son père et une tante ainsi que deux voisins.

«Ce virus me fait peur. Je ne veux pas prendre le risque. Je me suis inscrite avec les autres membres de ma famille sur la plateforme du ministère, mais on ne nous a pas contactés. Je suis venue hier, j’ai reçu ma première dose et aujourd’hui j’ai accompagné ma mère, la procédure est un peu lente, mais ça se passe bien», assure-t-elle.

Sur les lieux, chacun y va de sa propre histoire et le personnel médical pense que l’ouverture de ce vaccinodrome est un point de départ pour une accélération de la campagne de vaccination contre la Covid-19. 

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