vendredi 25 juin 2021

Une soixantaine de détenus en grève de la faim

Des détenus du mouvement populaire, placés en détention provisoire à la maison d’arrêt d’El Harrach (Alger), poursuivent leur grève de la faim pour dénoncer leur «incarcération arbitraire et des lenteurs» dans l’instruction de leurs dossiers, apprend-on auprès du collectif de défense des détenus d’opinion.

Une soixantaine  de détenus étaient, hier, à leur quatrième jour de la grève, signale à El Watan Me Aïcha Zamit. «Je sais qu’une partie des détenus d’El Harrach sont en grève de la faim. Mais je ne peux pas confirmer si la totalité des détenus est entrée en grève vu leur nombre important. La dernière fois, les grévistes étaient 56», précise l’avocate.

Selon Kaci Tansaout, coordinateur du Comité de libération des détenus (CNLD), il serait au moins 74 placés en détention provisoire dans le cadre du hirak à la prison d’El Harrach.

Des avocats du collectif de défense ont annoncé le transfert d’une dizaine d’autres activistes à la prison de Koléa, qui s’apprêteraient eux-aussi à entrer en grève de la faim. «J’ai rendu visite à ces détenus transférés à Koléa (Tipasa). Ils annoncent leur intention d’engager une grève de la faim pour dénoncer leur incarcération arbitraire et leur maltraitance par des surveillants», dénonce Me Zamit.

La situation des grévistes de la faim n’est pas des meilleures. «Certains ne vont pas bien, car ils étaient déjà en grève de la faim auparavant», signale Tansaout. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) regrette que des détenus soient «contraints» à cette action extrême pour dénoncer l’«arbitraire».

Plus de 200 mandats de dépôt

«Les détenus d’opinion face à l’arbitraire sont encore une fois contraints de recourir à l’extrême pour faire entendre leurs voix et la raison au pouvoir qui s’enfonce dans l’escalade de la répression au mépris des droits et des garanties des justiciables. A la veille des élections, la liste des détenus ne cesse de s’allonger : la capitale seule enregistre plus de 80 détenus qui se retrouvent en majorité à la prison d’El Harrach.

Certains sont en grève de la faim depuis 4 jours, au péril de leur vie. Nous n’encouragerons jamais les détenus à de tels recours. Le combat sera long, les élections législatives ne régleront en rien la crise, ni de confiance, ni de légitimité, ni de gouvernance. Ces élections donneront lieu à un Parlement et un gouvernement des plus faibles et  illégitimes de l’histoire du pays.

Face à la crise   multidimensionnelle, notamment les tensions sociales, ce n’est certainement pas ce Parlement et ce gouvernement qui apporteront la solution. Le pouvoir fait perdre encore une fois de plus au pays la chance d’une solution démocratique et apaisée. On ne construit pas la démocratie à coups de matraque», estime Saïd Salhi, vice-président de la LADDH.

Les placements en garde à vue depuis la reprise du hirak ont connu une hausse ces derniers mois. Une dizaine de placements sous mandat de dépôt ont été recensés pour la seule journée d’hier. «Il y a actuellement 222 détenus. Depuis la reprise du hirak, nous avons recensé 198 mandats de dépôt, plus de 520 gardes à vue et plus de 6200 arrestations.

Le mois de mai est celui qui a connu le plus de mandats de dépôt (93) pour 306 gardes à vue. Durant le mois d’avril, nous avons recensé 43 mandats de dépôt pour 78 gardes à vue.

En juin, 30 mandats de dépôt ont été recensés», recense Zaki Hannache, activiste du hirak, qui détaille quotidiennement la situation des détentions dans le pays. Précisons que ni le ministère de la Justice ni l’administration pénitentiaire n’ont réagi aux informations sur les grèves de la faim ou les accusations de maltraitance.

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