vendredi 25 juin 2021

Soufiane Djilali, président de Jil Jadid : «Le boycott permettra aux anciens caciques de revenir»

Soufiane Djillali, président de Jil Jadid

Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid, croit dur comme fer que le 12 juin prochain sera le «début du changement et non le changement». Selon lui, le changement «palpable» et «concret» qu’attendent les Algériens ne peut se construire qu’avec l’engagement de tous à travers leur participation aux législatives du 12 juin prochain.

«Tout le monde sait que le préalable aux réformes, c’est la stabilisation des institutions. Un changement ne peut pas parvenir sur une simple décision ou par décret. Cela est l’affaire de tous», insiste Soufiane Djilali qui se dit prêt à saisir cette chance pour un «réel» changement et aller vers la construction d’un Etat de droit.

S’exprimant, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale et constatant que les Algériens sont en colère et que la protestation est toujours vivace deux ans après le mouvement populaire, M. Djilali estime qu’il «faut aller de l’avant». Le plus important, selon lui, et d’avoir des élections qui se dérouleront dans la transparente afin que les Algériens puissent choisir leurs représentants.

A la question de savoir qui peut convaincre les citoyens à se rendre aux urnes, le président de Jil Jadid affirme que cela est à la charge des participants : partis politiques et candidats porteurs d’un programme national. «Ce n’est pas facile de convaincre et de renouer le lien de confiance entre une classe politique qui a été trop longtemps discréditée et une population qui a été désabusée. Les Algériens sont en colère et le renouvellement de confiance ne se fera que de manière progressive», reconnaît-il.

«Ouvrir les médias publics aux boycotteurs»

Pour ce dernier, la future APN sera forcément «plurielle, plus jeune et où la femme sera mieux représentée et aura un rôle politique plus important à jouer». Sur les 50 listes présentées par son parti, M. Djilali avance qu’elles renferment 40% de femmes et 39% de candidats jouissant d’un niveau universitaire.

Aux partis qui boycottent ces élections et qui l’ont critiqué, M. Djilali répond que le boycott «permettra aux anciens caciques et anciens appareils de revenir avec beaucoup de facilité». «La scène politique a été occupée par les partis de l’allégeance et les partis satellitaires qui gravitaient autour. Il faut barrer la route à ces anciennes forces. C’est le moment d’occuper l’espace politique, d’imposer une nouvelle vision pour construire un Etat de droit», estime-t-il.

Aux Algériens qui réclament un Etat de droit, une démocratie et une justice indépendante comme des préalables pour aller vers des élections, M. Djilali pense qu’il s’agit là de mettre la charrue avant les bœufs. «C’est en participant que l’on changera les choses. Il faut être réaliste, nous avons opté pour le dialogue car une fenêtre s’est ouverte. Ceux qui boycottent et critiquent notre démarche et préservent ceux qui ont brisé le pays leur intention est de lutter contre le changement et non pour le changement», soutient-il, demandant aux médias publics d’ouvrir leurs antennes aux boycotteurs pour qu’ils livrent leurs arguments.

Soufiane Djilali signale, par ailleurs, que le hirak a accompli d’«énormes progrès» contrairement à ce qu’avancent certaines parties : «Il y a des forces qui veulent nier ces progrès et pousser une frange vers une forme de nihilisme et le pays vers le chaos. Le hirak a démontré que l’on peut dépasser le jeu malsain des coulisses.» 

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