jeudi 24 juin 2021

Plaisir féminin : voyage en zones érogènes

Top Santé vous propose, avec Céline Causse*, un voyage en zones érogènes féminines. Clitoris, vagin, vulve, anus, seins, bouche seront autant d’étapes pour découvrir les clés du plaisir féminin.

Etape 1 : le clitoris

C’est quoi ? « Le clitoris est un organe, mesurant 7 à 13 centimètres, situé au niveau de la vulve. Dans sa grande majorité, il se trouve à l’intérieur du corps de la femme. Une petite partie du clitoris se trouve à l’extérieur du corps, au sommet des petites lèvres, c’est le gland du clitoris. La partie interne du clitoris est constituée des bulbes et des piliers. Ils sont situés de part et d’autre du vagin. Les bulbes entourent l’orifice du vagin, les piliers sont un peu plus externes. Ils sont fait du même tissu érectile que le pénis et sont également très sensibles au plaisir. »

Comment ça marche ? « C’est là que se concentre le plus grand nombre de terminaisons nerveux dédiées au plaisir. Les bulbes et piliers du clitoris sont très sensibles à la pression tandis que le gland est lui beaucoup plus sensible à la vibration et au toucher léger. C’est pourquoi, on utilise souvent des sex-toys vibrant pour stimuler le clitoris alors que l’intérieur du clitoris, les piliers et les bulbes, sont beaucoup plus sensibles à la pression. C’est la stimulation de la totalité du clitoris qui permet l’obtention de l’orgasme. Cela nécessite donc à la fois une stimulation externe qui peut se faire manuellement mais aussi une stimulation interne du clitoris lors de la pénétration, par pression sur les parois vaginales, associée à une contraction musculaire des muscles du périnée. »

Etape 2 : le vagin

C’est quoi ? « Le vagin est un tube terminé au fond par le col de l’utérus. Il s’étend de l’entrée du vagin, le vestibule, jusqu’à l’utérus. Une seule zone contient les récepteurs au plaisir, il s’agit de la face antérieure du vagin également nommé le Point G. Le reste du vagin est totalement insensible ».

Comment ça marche ? « Il n’y a pas de récepteurs du plaisir, ni au toucher ni au frottement, dans le vagin. Ainsi, un va-et-vient rapide dans un vagin ne stimulera quasiment aucun récepteur. Les récepteurs du plaisir se trouvent dans la paroi antérieure du vagin et sont surtout des récepteurs sensibles à la pression. Donc c’est la pression du pénis à cet endroit précis qui va faire qu’on va ressentir du plaisir. C’est d’ailleurs pour cette raison que les femmes optent souvent pour l’Andromaque. Cette position leur permet de faire des mouvement d’avant en arrière avec leur bassin, ce qui provoque une pression sur la face antérieure du vagin ».

Clitoris et pénétration vaginale : « Par ailleurs, lors de l’excitation sexuelle, le clitoris interne gonfle et fait saillie à l’intérieur du vagin, au niveau du point G. Cela permet, lors de la pénétration, de le stimuler encore davantage, de l’intérieur cette fois. L’autre pouvoir érogène du vagin est lié à la réplétion, soit le fait d’être rempli. Le vagin comporte des récepteurs sensibles à l’étirement et à la pression qui sont stimulés quand le vagin est rempli ».

Clitoris et col de l’utérus : « La stimulation du col de l’utérus, obtenue par pénétration profonde, est peu connue mais également efficace pour jouir. On stimule dans ce cas le nerf vague, un nerf qui dirige tout ce qui n’est pas lié à la volonté dans le corps humain. On obtient des orgasmes, à la tonalité beaucoup plus générale et plus profonde que les orgasmes par stimulation du clitoris ».

Un vagin qui jouit est un vagin actif. « Un vagin passif ne jouira pas. Pour qu’un vagin jouisse, il doit être actif. Il est important que les femmes le sachent. C’est la contraction des muscles du périnée qui va permettre d’activer tous les récepteurs à la pression présents dans cette zone : à la fois les récepteurs à la pression dans la face antérieure du vagin, mais aussi ceux qui se trouvent au niveau des branches internes du clitoris ».

Bonus : « Lors d’une pénétration vaginale, le vagin prend une forme d’ampoule avec un resserrement de l’entrée et une ballonisation, liée à l’excitation sexuelle, des deux tiers inférieurs. Cela peut donner l’impression à l’homme que le vagin et trop grand, mais c’est physiologique : il devient un réceptacle au sperme pour permettre la reproduction, il n’est pas trop grand. Enfin, le vagin est un fourreau essentiellement musculaire qui s’adapte à la taille de l’objet que l’on met à l’intérieur. Il n’y a donc pas de trop grand ou trop petit vagin ».

Etape 3 : la vulve

Une zone érogène trop souvent oubliée : « La vulve est constituée des grandes lèvres, des petites lèvres et du mont de vénus. Elle est bien trop souvent oubliée lors des rapports sexuels alors qu’elle constitue une zone érogène secondaire qui participe à faire monter le plaisir. On trouve des corpuscules au plaisir dans les petites lèvres et dans les grandes lèvres. Les premières sont sensibles au toucher léger et à la vibration. Les grandes lèvres possèdent aussi des récepteurs au plaisir surtout sensibles à la pression. L’entrée du vagin, le vestibule, est aussi sensible au toucher léger ».

Etape 4 : l’anus

C’est quoi ? « L’anus est l’extrémité inférieure du tube digestif. Il s’agit d’une zone érogène qui est de plus en plus expérimentée par les hommes ou les femmes. On trouve des récepteurs au plaisir au niveau de l’anus et on sait que l’anus participe à l’orgasme par la contraction involontaire du muscle releveur de l’anus ».

Comment ça marche ? « L’orgasme anal existe chez les femmes et les hommes. Il est décrit chez les femmes comme un orgasme viscéral, plus profond que la stimulation clitoridienne. Cet orgasme pourrait être dû soit à la stimulation indirecte du point G par pression lors de la pénétration anale, soit à la stimulation du nerf vague, soit à la stimulation directe du col de l’utérus. Mais on dispose encore de trop peu de travaux scientifiques sur cette question pour y répondre plus précisément. Grâce aux capteurs au plaisir, l’anulingus procurera une excitation sexuelle ».

La pénétration anale, ça fait mal ? : « En aucun cas la pénétration anale ne doit être douloureuse, il n’y a aucune raison physiologique à cela. Si cela fait mal, c’est que les muscles sont trop contractés, qu’on n’est pas suffisamment préparé, pas suffisamment excité ou pas suffisamment détendu. Et si on n’a pas envie de pratiquer la sodomie, on s’écoute, on ne le fait pas. »

Etape 5 : les seins

C’est quoi ? « Le sein est fait de tissu conjonctif, de tissu adipeux et de glandes mammaires. A l’extérieur, on trouve le mamelon, l’ aréole et les tubercules de Morgagni ».

Les seins et l’excitation sexuelle : « Les seins nourrissent les fantasmes et l’excitation de nombreux hommes, il n’y a qu’à voir la représentation des seins dans l’art en général. Mais pour les femmes, ils peuvent constituer une zone érogène essentielle. Outre une augmentation globale du volume du sein, on observe une modification de la poitrine sous l’effet de l’excitation sexuelle : le mamelon se durcit, l’aréole se bombe et s’élargit. Le téton se dresse, ce qu’on appelle l’érection du téton. Le sein réagit donc fortement à l’excitation sexuelle.

La stimulation des mamelons et des aréoles provoquent une augmentation de l’excitation sexuelle, et favorisent l’accès à l’orgasme chez plus de 80 % des femmes, selon une étude réalisée en 2006. En 2011, une autre étude a montré que les mamelons et les aréoles étaient directement reliés au cerveau par un circuit neuronal direct, qui active la même zone, au niveau cérébral, que la stimulation du clitoris. Certaines femmes peuvent donc avoir des orgasmes uniquement par stimulation des mamelons. Ceux-ci sont sensibles à la pression et au pincement. Les aréoles et le pourtour du sein sont plus sensibles au toucher léger ».

Etape 6 : La bouche et les lèvres

Comment ça marche ? « La bouche est une zone érogène secondaire, l’endroit par lequel passe toute la sexualité orale. C’est une zone importante pour la sexualité de la femme. 91 % des femmes ont déjà pratiqué la fellation au cours de leur vie selon l’enquête Ifop pour Elle de 2019. 40 % d’entre elles pratiquent le cunnilingus avec leur partenaire. Outre les récepteurs au plaisir qui réagissent au toucher léger et participent à l’excitation, notre construction culturelle et sociale confère aux lèvres, et notamment aux baisers – signe de tendresse, d’attachement, de complicité dans un couple -, un pouvoir érotique très puissant ».

Comment faire pour que ces zones érogènes fonctionnent et s’activent au moment voulu ?

« Tout est question d’entraînement. Plus on stimule les zones érogènes, plus on active les récepteurs sensoriels, plus on les sensibilise et plus on augmentera leurs capacités à donner du plaisir. L’entraînement fonctionne pour toutes les zones érogènes, primaires ou secondaires, le clitoris, le vagin, la vulve, l’anus, la bouche, les lèvres, les seins, mais aussi la nuque, l’intérieur des cuisses et les lobes des oreilles !

L’érogénéité s’apprend. Elle comporte une phase d’apprentissage, qui peut prendre du temps. Objectif : réussir à activer les récepteurs au plaisir et les circuits neuronaux liés à ces récepteurs pour que le cerveau comprenne que le signal envoyé est un signal de plaisir. On dit que la femme a une sexualité épanouie vers la quarantaine, les hommes beaucoup plus jeunes. Mais chez les hommes, les circuits neuronaux se mettent en place bien plus tôt dans leur vie parce qu’ils se masturbent quasiment tous, pas les femmes. Voilà pourquoi, notamment, les femmes ont un accès à l’orgasme plus difficile que les hommes. D’où l’importance de la masturbation pour développer, découvrir, et étendre ses capacités au plaisir sexuel ».

* La sexualité féminine dans tous ses ébats, Céline Causse, 2021, éd. Fayard.

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