samedi 19 juin 2021

Nordine Menaceri. président de la fédération nationale des agences immobilières (FNAI) : «Notre activité a été sérieusement touchée»

-Peut-on avoir un aperçu général sur l’état du marché immobilier ?

On parle en général de stagnation, il y a incontestablement moins de transactions immobilières. On sort non seulement de la période de la Covid-19, mais aussi d’une année de hirak intense où c’était le brouillard total, les gens n’investissaient pas, parce qu’ils ne voyaient pas clairement l’avenir. Personne ne savait comment s’y prendre et à quoi cela allait aboutir, on commençait à revenir à une vie plus ou moins normale en période estivale, même si, faut-il le rappeler, les vacances ont été décalées jusqu’aux mois d’août-septembre.

Il y a eu un problème d’aspect financier, pas de travail, certains ont consommé leurs réserves, il y a eu un manque de liquidités ; ce qui s’est réalisé comme transactions, c’est à peu près la location, il y a des obligations (gens en fin de contrat obligés de quitter les lieux ou changer d’emplacement), sur les petites ventes, il y a eu les F3 pas trop chers, la situation a profité aux opportunistes qui ont eu des occasions, mais cela ne reflète pas la situation globale du marché. Notre activité a été sérieusement touchée, plusieurs confrères ont baissé rideau. On peut avoir la température chez les notaires, qui ont eu leur activité en berne à cause de l’absence de transactions. Maintenant, cela reprend timidement, surtout avec ce qui a été distribué ici et là sous toutes les formes, en prenant le F3 comme repère, car c’est lui qui a la part du lion.

-Il y a donc eu une reprise…

Je ne dirais pas qu’il y a reprise, mais ça commence à bouger un petit peu. On assiste à un frémissement du marché avec ce qui a été distribué comme logements à Alger, Constantine et les grandes villes, où il y a justement l’émergence des nouvelles villes. Quand on donne un appartement à Sidi Abdellah, ça ne convient pas toujours aux concernés : ce n’est pas pratique du tout, c’est loin, moyens de transport insuffisants, plus le facteur temps : il y a 1h30 de route à l’aller et idem au retour. Il y a des gens qui sont en train d’échanger, de vendre ou de louer ailleurs…

-Comment voyez-vous l’avenir proche ? La situation va-t-elle se normaliser ou faudra-t-il davantage de temps ?

Normalement, il faut du temps, l’Etat table sur 1 million de logements entre 2020-2024, les délais dans la forme ne sont pas respectés, mais ils le sont dans le fond.

-Si la stabilité financière et économique du pays et surtout sanitaire est garantie, je verrais un avenir plus ou moins radieux. Il faut s’attendre à une stabilité des prix, mais on ne reviendra pas aux coûts d’avant, il y a la crise économique, il n’y a pas d’argent, de travail…

Si on prend l’exemple des grandes locations des sociétés nationales et étrangères, qui peuvent se permettre de louer à fort budget, il n’y a rien, on voit des villas à 350 000 et 400 000 DA rechuter à 200 000 DA et qui ne trouvent pas preneurs : c’est une crise sanitaire qui est devenue économique, ce n’est pas spécifique à l’Algérie.

Cela complique énormément la situation. Si on arrive à gérer cette crise, c’est déjà pas mal, qu’on n’a pas un désastre du point de vue humain, si l’économie s’effondre, ça va être très compliqué de redémarrer. Il y a l’adage qui dit que quand l’immobilier va, tout va ; pour le moment, je crois que c’est l’inverse, tout marche, sauf l’immobilier.

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