mardi 22 juin 2021

Missoum Abdelkader. Pédagogue, formateur à l’Institut national de formation du personnel de l’éducation et coordinateur des écoles associées à l’Unesco : Même en ligne, nous faisons dans le dressage intellectuel et le formalisme»

Missoum Abdelkader. Pédagogue, formateur à l’Institut national de formation du personnel de l’éducation et coordinateur des écoles associées à l’Unesco

 

  • Pédagogiquement parlant, quel est votre avis sur les cours de soutien dispensés sur les différentes plateformes, notamment YouTube ?

C’est une excellente chose, à condition que cela garantisse un minimum d’interactivité entre l’enseignant et l’élève. Son aspect positif est que ces chaînes comblent un vide et répondent à un besoin témoigné par les élèves, notamment avec la surcharge des programmes et l’instabilité dans le secteur. C’est justement la raison de cet engouement pour ces chaînes. Toutefois, revenant à votre question et surtout sur le volet de la pédagogie, ces chaînes font dans le dressage intellectuel des élèves. Les enseignants reprennent les anciens sujets, apprennent aux élèves comment les solutionner, mais sont souvent loin de leur inculquer la méthode de raisonnement. De plus, sur YouTube, ce sont des cours qui manquent d’interactivité entre les enseignants et l’élève. C’est un élément-clé dans la procédure d’apprentissage.

  • Les chaînes lancées par le ministère de l’Education nationale ne connaissent pas un pareil engouement. Pourquoi ?

Il faut savoir que les enseignants ont adopté l’enseignement en ligne très tôt. Certains ont des chaînes qui datent de plusieurs années, lancées à la même période que la réforme des programmes. Leurs efforts dans ces chaînes sont très appréciables et méritent un véritable encouragement de l’Etat. Pour ce qui est des chaînes éducatives étatiques sur YouTube, la tutelle a lancé ce projet d’enseignement en ligne dans un contexte de pandémie et de confinement. C’était une initiative forcée et d’urgence pour pallier la rupture scolaire, vu la circonstance sanitaire critique. Plusieurs cours ont été donnés sur les chaînes de l’Office national d’enseignement et de formation à distance. Mais ce qui manque vraiment dans les cours dispensés par l’ONEFD, ou la tutelle en général, c’est l’interactivité. Ces cours restent, comme je l’ai dit, dans le dressage intellectuel et le formalisme.

  • Quelles solutions faut-il envisager aujourd’hui ?

Il y en a plusieurs. La plus accessible, notamment dans l’immédiat, est de recourir aux différents outils déployés par la plateforme de YouTube, tels que les directs pour garantir cette interactivité durant le cours. Sinon, le mieux serait que les autorités compétentes aillent vers l’adoption des modèles internationaux et créent des plateformes dédiées à ce type de cours. Sans vouloir faire de publicité, j’ai retenu avec beaucoup d’intérêt la plateforme jordanienne Idraak et l’américaine Khan Academy. Elles sont toutes les deux gratuites et ont beaucoup de fonctionnalités très intéressantes pédagogiquement. En Algérie, il existe des plateformes pour les cours de soutien, ou les cours tout court, mais elles sont loin d’atteindre la perfection. Elles doivent être encouragées et aidées afin d’assouvir le besoin d’apprentissage dans les normes pédagogiques internationales.

Propos recueillis par  Asma Bersali

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