jeudi 24 juin 2021

Les Algériens Salim Dada et Amara Lakhous reçoivent la distinction : «Chevalier de l’étoile d’Italie» La littérature et la musique à l’honneur

A l’occasion de la célébration de la Fête nationale italienne, le 2 juin 2021, Son Excellence l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Giovanni Pugliese, a remis les honneurs de l’Ordre de l’Etoile d’Italie à deux citoyens algériens, décernés par le président de la République italienne, Sergio Mattarella, sur proposition du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Luigi Di Maio.

L’Ordre de l’Etoile d’Italie est le deuxième honneur civil de l’Etat italien réservé aux citoyens italiens et étrangers qui, à l’étranger, ont acquis des mérites particuliers dans la promotion des relations d’amitié et de collaboration entre l’Italie et le pays dans lequel ils opèrent et dans la promotion des liens avec l’Italie.

Le compositeur, musicologue, musicien et chef d’orchestre algérien Salim Dada ont reçu la distinction d’Officier de l’Ordre de l’Etoile d’Italie en reconnaissance de son activité musicale et sa louable contribution dans la promotion de l’amitié et la collaboration entre l’Algérie et l’Italie dans le domaine culturel. Lors de son discours d’ouverture, Son Excellence l’ambassadeur d’Italie en Algérie Giovanni Pugliese est revenu sur le parcours italien de Salim Dada et ses collaborations avec l’Italie.

En effet, le lauréat avait reçu en 2008 une bourse d’études du ministère des Affaires étrangères italien qui lui a permis d’étudier auprès du Conservatoire de Turin. Au cours des trois ans passés en Italie, il a créé un quartet à cordes et composé de nombreuses œuvres musicales. «Il a par la suite renforcé ses liens avec l’Italie par la création du trio ‘Shulùq Ensemble’ avec deux musiciens italiens et la collaboration avec l’ambassade d’Italie et l’Institut culturel italien dans les activités pour la promotion de la culture italienne en Algérie», rappelle Son Excellence l’ambassadeur.

Dans son intervention qu’il voulait en langue italienne, Salim Dada s’est dit honoré et fier de recevoir cette distinction qui vient d’un pays si cher à son cœur et à son esprit : l’Italie. Il a ensuite mis l’accent sur la qualité de ce rapport et la diversité de ses collaborations artistiques, culturelles et humaines, avec l’Institut culturel italien à Alger, l’ambassade d’Italie en Algérie, les institutions italiennes et les artistes et intellectuels d’Italie. «Depuis 15 ans, il y a eu des dizaines de projets durant lesquels j’ai tout fait pour promouvoir la culture algérienne en Italie, la langue et la musique italienne en Algérie.

Une coopération allant de l’organisation d’événements culturels et musicaux, aux échanges culturels entre l’Italie et l’Algérie, jusqu’à la recommandation et le suivi d’étudiants musiciens issus d’institutions algériennes afin de poursuivre leurs études de spécialisation en Italie.» Le musicologue Salim Dada a profité de cette occasion pour s’exprimer sur son dernier enregistrement audiovisuel diffusé le jour-même de la cérémonie sur Youtube Italy in Algeria, réalisé en signe d’amitié et de reconnaissance à l’Italie et à son art musical, et ce, à travers le travail de réécriture.

En effet, il a effectué un travail de réécriture sur les deux hymnes nationaux qu’il a ré-harmonisés, arrangés et orchestrés pour l’occasion, donnant ainsi une version plus concertante et moins martiale de ces deux chants patriotiques.

Il détaille en disant que c’est à travers une instrumentation assez particulière qu’il a utilisé, incluant exclusivement des instruments à cordes tels que la mandoline, le mandole et l’orchestre d’archets. «Je rends hommage à la grande tradition italienne baroque des orchestres d’archets figurés par les maîtres avérés : Vivaldi, Corelli, Albinoni, Boccherini, Paganini… Ainsi, l’usage de la mandoline napolitaine, rentrée en Algérie dès le XVIIIe siècle et qui est devenue un instrument national phare, portant même le nom algérien de snitra dans la musique de la nouba et dans d’autres styles traditionnels.

A l’instar du mandole, cet instrument emblématique des musiques chaâbie et kabyle a été créé dans les années 1930 grâce à la collaboration du maître du genre : Hadj M’hamed El Anka et un luthier d’origine italienne du nom de Jean Bélido», note-t-il.

Pour sa part, le journaliste, écrivain et anthropologue, Amara Lakhous, qui n’était pas présent en Algérie, a reçu la distinction «en virtuelle» de Chevalier de l’Ordre de l’Etoile d’Italie pour son engagement dans le renforcement des liens entre l’Italie et l’Algérie et dans la promotion du dialogue interculturel.

Bien qu’installé actuellement aux Etats-Unis, l’écrivain algéro-italien a vécu en Italie entre 1995 et 2015. Il a, en outre, publié de nombreux ouvrages littéraires en langues italienne et arabe.

L’ensemble de ses œuvres a fait l’objet d’une traduction dans plusieurs langues, dont entre autres, son roman de référence Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio, édité en arabe en 2003 chez El Ikhtilef, réécrit en italien en 2006 , édité en Italie en 2006 puis traduit vers le français en 2008 par Actes Sud et Barzakh.

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