samedi 19 juin 2021

Le tabagisme au féminin en 6 idées reçues

20 000 femmes sont mortes d’une cause liée au tabac en 2019 en France. C’est beaucoup et c’est deux fois plus qu’il y a 20 ans. En cause ? Le tabagisme des femmes progresse, quand dans le même temps, il diminue chez les hommes. Le mode de vie des femmes s’est petit à petit calqué sur celui des hommes : elles ont une vie sociale, elles travaillent, elles sont plus stressées… donc fument davantage.

Mais le problème, c’est qu’à tabagisme égal, le tabac est plus néfaste chez les femmes. Celles-ci ont en effet une sensibilité plus forte aux méfaits du tabac, se traduisant notamment par une progression des pathologies cardiovasculaires (infarctus, AVC). Les femmes ont par ailleurs plus de mal à arrêter de fumer que les hommes, principalement parce qu’elles ont peur de prendre du poids.

Arrêter de fumer pour se libérer

Aujourd’hui, 1 femme sur 5 fume quotidiennement, ce qui altère sa santé jusqu’à lui ôter la vie, rappelle l’Alliance contre le tabac dans une nouvelle campagne « Femmes libres », déployée à l’occasion de la journée mondiale contre le tabac ce 31 mai.

La campagne, déclinée en spots TV, plaide pour une meilleure connaissance du tabagisme chez les femmes, à la fois pour mieux prévenir leur entrée dans cette addiction et pour leur accompagnement plus efficace vers le sevrage.

Avec son partenaire, la Fédération Française de Cardiologie, ils soulignent les conséquences sanitaires spécifiques du tabagisme féminin. Plus de 75% des femmes présentant un infarctus avant 50 ans sont fumeuses. Les dégâts de l’association pilule et tabac demeurent également mal connus. Pourtant, après 35 ans, l’association d’une contraception contenant des œstrogènes de synthèse avec le tabac multiplie par 30 le risque d’infarctus. Enfin, le tabagisme a des conséquences sur la santé des femmes, même jeunes. Ainsi, avant 65 ans, une femme sur cinq décède à cause du tabac.

Entre 2000 et 2015, la mortalité par cancer du poumon a également augmenté de plus de 70% chez les femmes alors qu’elle a diminué de 15% chez les hommes. Les complications bronchiques sévères, BPCO, menant à terme aux décès par insuffisance respiratoire, ont par ailleurs doublé sur la même période.

Carole Clair, épidémiologiste (Centre universitaire de médecine générale et santé publique de Lausanne) constate que chez les jeunes, les filles sont plus influencées par la pression sociale que les garçons. « A l’adolescence, la recherche d’approbation par les pairs, groupes d’amis ou groupes que l’on souhaiterait intégrer, serait plus forte chez les filles. De même, une plus forte identification aux stars de cinéma qui fument a également été observée chez les adolescentes. »

« L’industrie du tabac n’a jamais voulu d’une femme libre », interpelle à cette occasion l’ACT-Alliance contre le tabac. La femme fumeuse comme symbole de la femme libre a paradoxalement enfermé la femme dans une dépendance au tabac. En effet, depuis un siècle, l’industrie du tabac cible les femmes, usant des diktats qui pèsent sur elles, pour vendre ses produits. Tantôt accessoire de mode, allié minceur ou symbole d’émancipation féminine… La cigarette s’est progressivement imposée de manière positive. Mais cette fausse promesse de liberté les a enfermées dans un système de dépendance.

Arrêter de fumer prend du temps

Il faut savoir enfin que les femmes ont plus de mal à arrêter de fumer que les hommes, en raison de facteurs psycho-sociaux mais aussi biologiques. « Le métabolisme de la nicotine est différent en raison de leur statut hormonal, en conséquence, elles ont plus de mal en moyenne à arrêter de fumer que les hommes », explique Pr Josseran, Président de l’ACT-Alliance contre le tabac, médecin et chercheur en santé publique (Université de Versailles-Saint-Quentin).

Rappelons encore qu’il existe plusieurs méthodes pour arrêter de fumer et que les rechutes font partie du processus d’arrêt. « Il ne faut pas avoir peur des rechutes, chaque rechute n’est qu’une nouvelle étape vers la sortie, c’est une marche en avant », rassure Loïc Josseran.

Le tabac, un allié minceur © Getty Images
Fumer peu = moins de risques © Getty Images
Les femmes jeunes sont moins touchées par les méfaits du tabac © Getty Images
Fumer diminue le stress © Getty Images/PhotoAlto
La cigarette, un outil d’émancipation féminine © Getty Images/iStockphoto
Le tabac est plus néfaste pour les hommes © Getty Images/iStockphoto
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