mercredi 23 juin 2021

Le colonel Goïta conforté dans son poste de Président

Réunis dimanche à Accra, au Ghana, en sommet extraordinaire, les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont décidé de suspendre le Mali de leurs institutions communes. C’est ce qui est indiqué dans un communiqué rendu public le même jour à l’issue de cette rencontre consacrée au putsch du 24 mai au Mali.

Les chefs d’Etat «exigent la libération immédiate et inconditionnelle de l’ancien Président de la transition, du Premier ministre et de leurs collaborateurs maintenus en résidence surveillée». Comme «ils condamnent fermement ce nouveau coup d’Etat».
La Cédéao a appelé aussi «à la nomination immédiate d’un nouveau Premier ministre civil» et demandé «la formation d’un nouveau gouvernement inclusif, pour la poursuite du programme de transition».

La Cédéao a réaffirmé la nécessité que la transition ouverte après le premier coup d’Etat d’août 2020 et censée ramener les civils au pouvoir soit limitée à 18 mois, et que des élections générales aient lieu, comme prévu, en février 2022. Elle a réitéré la décision prise précédemment, selon laquelle «le Président, le vice-Président et le Premier ministre de transition ne devront, en aucun cas, se porter candidats à la prochaine élection présidentielle». Cependant ,elle est restée silencieuse sur la désignation du colonel Goïta comme Président. Elle n’a pas réclamé le rétablissement des ex-Président et Premier ministre dans leurs fonctions.

La Cédéao a décidé «d’acquiescer au fait accompli, omettant entièrement les sanctions qu’elle a imposées l’an dernier», a tweeté l’ancien envoyé spécial américain pour le Sahel, Peter Pham, cité par l’AFP. «Et, en ne disant rien sur l’accession du colonel Assimi Goïta à la Présidence tout en appelant à un nouveau Premier ministre civil (nommé par le Président), elle l’a implicitement reconnu chef de l’Etat», a-t-il soutenu. Or, après le putsch d’août 2020, la Cédéao a exigé et obtenu la nomination d’un Président et d’un Premier ministre de transition civils.

Tornade

Le 24 mai, les militaires ont arrêté le président Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane qui assurent la transition dans le pays. Cet événement intervient quelques heures seulement après l’annonce d’un nouveau gouvernement, que dominent toujours les militaires. Le changement de l’Exécutif est marqué par la mise à l’écart des officiers proches de la junte qui a pris le pouvoir après le coup d’Etat d’août 2020 et dont Assimi Goïta est le chef.

Certes, les militaires gardent les ministères de la Défense, de la Sécurité, de l’Administration territoriale et de la Réconciliation nationale. Mais les colonels Sadio Camara et Modibo Kone quittent leurs postes respectifs de la Défense et de la Sécurité.

Mardi dernier, le colonel Goïta avait indiqué avoir déchargé de leurs prérogatives le Président et le Premier ministre. Vice-Président, le colonel Goïta, à la tête des putschistes qui ont renversé le président élu, Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020, a reproché aux deux dirigeants d’avoir formé un nouveau gouvernement sans se concerter au préalable avec lui. Démarche qui constitue à son avis «une violation de la charte de transition (…), d’où une intention avérée de sabotage de la transition».

La Cour constitutionnelle a déclaré vendredi le colonel Assimi Goïta président de transition. Avec la nomination du colonel Goïta à ce poste, la Cour constitutionnelle malienne a officialisé un fait accompli auquel les voisins ouest-africains ont essayé de s’opposer après le coup d’Etat d’août 2020.

Assimi Goïta et un groupe de colonels ont alors renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, mais la Cédéao a suspendu le Mali de tous ses organes de décision, fermé les frontières de ses Etats membres et stoppé les échanges financiers et commerciaux avec le pays, à l’exception des produits de première nécessité. Elle a levé les sanctions quand la junte a paru se plier à ses exigences : elle a accepté la nomination d’un Président et d’un Premier ministre civils.

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