jeudi 24 juin 2021

L’aigle royal : une espèce rare menacée !

Le 12 mai, la veille de l’Aïd, lorsqu’ils ont entrepris d’aller remplacer comme ils le font tous les 10 jours, les piles du piège photographique installé dans le nid d’un couple d’aigles royaux et pour récupérer les images enregistrées, les agents du Parc national de Tlemcen (PNT) et ceux de la Protection civile qui les accompagnent toujours ont été désagréablement surpris de constater que le nid était vide. Détails.

 

Les deux petits aiglons de 21 jours et le piège photographique ont tout simplement disparu. A l’incompréhension de la situation, inédite, va suivre une grande colère lorsqu’on se rendra à l’évidence qu’il s’agit d’un vol, d’un acte de vandalisme sans précédent. Le nid du couple d’aigles, unique dans le PNT, fait l’objet d’un rigoureux suivi scientifique pour mieux connaître l’espèce et pouvoir assurer ainsi sa protection.

Pour y accéder, il faut marcher pendant une petite demi-heure en empruntant des chemins de chèvres pour atteindre le sommet de la falaise haute de 30 m et pouvoir ensuite descendre en rappel jusqu’au nid perché 15 m plus bas. Arrivé au-dessus du nid lundi, le pompier, le premier interloqué, appelle ses accompagnateurs pour les informer que le nid est vide mais pas détruit et qu’il a trouvé seulement le ticket d’achat d’une corde de 30 m de long.

C’est la consternation. Comment les voleurs ont-ils procédé et surtout qui sont-ils ? Indéniablement, ils ont aussi fait de l’escalade, des professionnels sans aucun doute qui ont pris de gros risques attirés par le bénéfice qu’ils vont pouvoir tirer de la vente des aiglons et du piège photo qui lui aurait pu également les identifier. Mme Haféda Benmammar Hasnaoui, chef de département au PNT, nous raconte que ce nid a été découvert à Ahfir (sud-ouest de Tlemcen) par hasard au début des années 1990.

Auparavant, on en comptait deux avec celui des falaises d’El Ourit. Le nid est resté vide depuis 2018, les parents ne sont pas revenus nicher et il peut y avoir plusieurs raisons à cela, mais c’est probablement les dérangements de ce site très fréquenté par les visiteurs. C’est donc un acte d’une extrême gravité qui ne doit pas rester impuni, nous dit encore Mme Benmammar Hasnaoui.

En effet, il n’y a plus de reproducteurs de cette espèce de rapaces dont ne se lasse pas de chanter son vol majestueux et de le voir planer des heures durant sur une aire qui peut s’étendre sur 150 km.

C’est une perte inestimable que seuls peuvent comprendre la gravité les protecteurs de la nature et du patrimoine naturel de notre pays. Pour le Pr Mohamed Bellatrèche, il y a une mince chance pour que le couple revienne nicher au même endroit, dans le meilleur des cas avec un nouveau nid à proximité, mieux protégé. En effet, cette espèce est monogame. Le mâle et la femelle sont parfois unis pour la vie, fidèles à leur territoire et construisant jusqu’à cinq nids qu’ils utilisent pendant plusieurs années.

Le nid est bâti sur une falaise sous un surplomb, plus rarement dans un arbre. La femelle pond de 1 à 3 œufs, parfois quatre mais souvent deux, comme cela a été le cas pour le site de Ahfir. La plupart du temps, un seul jeune survit, car il finit par tuer le plus faible. Si c’est est un mâle et une femelle, généralement plus grosse qu’un mâle, ils survivent. C’est probablement ce qui s’est produit dans ce foyer d’aigles royaux, d’où la déception des agents du PNT.

Par Slim Sadki
environnement@elwatan.com

 

 

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