samedi 19 juin 2021

Hirak de Constantine : 18 mois de prison pour le « baltagui »

Le tribunal de Constantine a prononcé ce matin le verdict dans l’affaire opposant une dizaine de citoyens, notamment des hirakistes, à la personne de Hamza Kechoud, accusé de menaces d’agression physique.

L’affaire remonte à juin 2019 quand ce dernier s’était illustré par sa présence en marge des marches du Hirak de Constantine à la tête d’un petit groupe d’individus affichant leur adhésion à la position anti-Hirak du chef de l’état-major de l’époque, Ahmed-Gaid Salah, et proférant insultes et menaces envers les manifestants. Les « baltaguis » comme qualifiés alors, cherchaient à en venir aux mains et à semer des troubles au sein de la manifestation, ce qui fut évité de justesse lors du premier vendredi de leur irruption. Des appels émanant de hirakistes et plaçant la police locale devant ses responsabilités ont permis d’éviter les dérapages sur l’itinéraire de la manifestation puisque dès le vendredi suivant des agents de police venaient se positionner en bas des Allées Benboulaïd, là où sévissait le groupe à Kechoud, pour l’empêcher d’entrer en contact physique avec les marcheurs pacifiques. Cela dit, le forum populaire organisé non loin de là au terme de la marche a été perturbé au moins à deux reprises par le chahut orchestré par la bande à Kechoud et le lancement d’objets (des bouteilles d’eau pleines, notamment) sur les participants au forum. L’un des animateurs du débat a même été victime d’une agression et du vandalisme de son véhicule. Sa plainte n’a pas encore abouti.

Mais c’est la diffusion d’une vidéo qui a amené le chef de ce groupe soutenant l’ex-chef d’état-major devant le juge. Gonflé à bloc par les thèses complotistes et l’étiquette collée au Hirak comme étant manipulé par la main de l’étranger, et autres « zouaves », Hamza a commis l’irréparable. Sur sa page Facebook, il a publié en effet, une vidéo où il est filmé s’adressant aux hirakistes de Constantine et les menaçant explicitement, avec un gourdin à la main, de les « corriger » s’ils s’avisent encore de manifester le vendredi. Aveuglé par son assurance, Hamza est allé jusqu’à désigner des figures du mouvement local, notamment une femme, tête de peloton, qui marche sur des béquilles. Il n’en fallait pas plus pour provoquer la réaction de hirakistes qui ont choisi de recourir à la justice pour neutraliser ces agresseurs, dont certains sont des repris de justice. Une plainte collective a été adressée au procureur de la république près le tribunal de Constantine, ce qui a eu l’effet immédiat de faire disparaitre les baltaguis des vendredis du Hirak.

Après une longue phase d’instruction et plusieurs reports de l’audience, le juge a condamné ce matin l’accusé à une peine d’emprisonnement de 18 mois assortie d’une amende, et le versement d’un dinar symbolique à la demande de Me Alla Amor, avocat de la partie plaignante.

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