lundi 14 juin 2021

Hassan Menouar. président de l’association de protection du consommateur El Aman : «Le dispositif de contrôle aux frontières est dissuasif et très coûteux»

Hassane Menaouer. Président de l’association El Amane de protection des consommateurs : «Des têtes doivent tomber !»

-L’Algérie a décidé de rouvrir partiellement ses frontières aériennes à partir du 1er juin. Le Premier ministre a dévoilé ce lundi les conditions d’entrée et de sortie ainsi que le protocole sanitaire à appliquer. Que pensez-vous de cette organisation ?

C’est une organisation mal réfléchie. Elle ne repose sur aucune stratégie palpable. Pourtant, l’Algérie aurait pu profiter des expériences des autres pays, qui ont su mettre des systèmes efficaces pour la réouverture de leurs frontières fermées en raison de la pandémie de Covid-19.

On peut citer le cas des pays voisins, qui ont mis en place, il y a des mois, un dispositif de contrôle sévère mais acceptable, qui garantit la libre circulation de leurs ressortissants sous réserve d’un test PCR négatif et d’un auto-confinement.

Chez nous, la réouverture des frontières s’imposait. Il fallait le faire. Nous n’avons pas le choix. Le dispositif mis en place pour cette réouverture est beaucoup plus politico-administratif que scientifique.

Les conditions d’entrée et de sortie et le protocole sanitaire arrêté nous laissent perplexes.

Nous n’avons pas fait le bon choix en matière de réouverture des frontières.

Nous sommes pour la réouverture, mais sous réserve de conditions sanitaires acceptables.

Ce dispositif est décourageant, dissuasif et surtout très coûteux.

-Estimez-vous que ces mesures soient exagérées ?

Ce sont des mesures trop contraignantes et onéreuses. Un billet d’avion à partir de Paris est à 800 euros. Comment justifier ce tarif ? Ce n’est pas normal. Ce n’est pas en ruinant l’Algérien, qui n’a pas vu sa famille pendant plusieurs mois, que la compagnie Air Algérie va se ressaisir ou récupérer ce qu’elle a perdu durant deux ans !

En plus du prix du billet d’avion, le voyageur doit faire un test RT-PCR, il doit payer à l’avance des frais inhérents au confinement, ceux du test de Covid-19 à l’arrivée en plus du confinement obligatoire de 5 jours dans un hôtel. Nous comprenons le souci des autorités de mettre en place un dispositif pour empêcher l’entrée sur le territoire du virus et de ses variants.

Tous les pays mettent en place un dispositif au niveau des frontières. On permet aux hommes d’affaires, aux artistes et aux sportifs de se déplacer, sans leur imposer un confinement ni autant de tests à réaliser, alors qu’ils sont les plus exposés à la contamination. On exige juste un test PCR aux footballeurs qui participent à des regroupements et aux artistes qui animent des conférences.

Mais on exige une panoplie de tests aux autres voyageurs. C’est illogique. Nous assistons à des rassemblements, regroupements et réunions de proximité durant cette campagne électorale, où les mesures barrières ne sont pas du tout respectées. Il y a une multitude de contradictions dans la décision du gouvernement.

-Le gouvernement devrait-il revoir sa copie ?

Tout à fait. Tout le monde sait qu’il y a des personnes qui partent et viennent et qu’il y en a d’autres qui sont bloquées depuis plusieurs mois ! Ce dispositif est trop sévère. Les autorités devrait l’alléger si elles veulent relancer la machine économique liée au tourisme et aux structures hôtelières, qui ont subi des pertes importantes en raison de la pandémie. Il faut revoir le prix des billets d’avion, qui sont excessivement chers. Il faut un prix référentiel, surtout pour les familles.

 

Entretien réalisé par  Nabila Amir

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