vendredi 25 juin 2021

Ghaza sous un déluge de feu

Les bombardements israéliens sur Ghaza et les salves de roquettes du Hamas palestinien sur les territoires israéliens se sont poursuivis hier, rapporte l’AFP.

Entre-temps, en Cisjordanie, après un appel à la grève générale par le parti Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, les commerces et les écoles de Ramallah et d’autres localités sont restés fermés.

L’appel a été relayé dans les villes arabes israéliennes et dans les villes «mixtes» d’Israël, où les tensions entre juifs et Arabes restent vives. A Jérusalem-Est, partie annexée de la ville, plusieurs heurts ont éclaté entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes. En matinée, les raids se sont poursuivis sur l’enclave palestinienne, après une nouvelle nuit d’intenses frappes à Ghaza

. L’armée a annoncé avoir ciblé dans la matinée des «sites de lancement de roquettes», dont certains «souterrains». Côté israélien, deux ouvriers thaïlandais ont été tués par des tirs de missiles de Ghaza sur le Sud, a annoncé la police.

En neuf jours, 3440 roquettes ont été tirées, interceptées à environ 90% par le système de défense anti-aérien israélien, selon l’armée. Depuis le début des hostilités, le 10 mai, 213 Palestiniens ont été tués à Ghaza, dont au moins 61 enfants, et plus de 1440 blessés, selon un bilan palestinien.

En Israël, 12 personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 autres blessées après des tirs de roquettes. A la crise sécuritaire s’ajoute le risque d’une crise humanitaire, avec près de 40 000 Palestiniens déplacés, 2500 personnes qui ont perdu leurs maisons dans les bombardements et un risque de pénurie alimentaire et sanitaire, selon les agences humanitaires internationales sur place. Le président américain, Joe Biden, a exprimé pour la première fois son soutien à un «cessez-le-feu», lors d’un nouvel entretien téléphonique lundi avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. «Notre ligne est de continuer à frapper les cibles terroristes», a déclaré ce dernier.

Le Hamas, au pouvoir à Ghaza, a menacé de tirer de nouvelles roquettes en direction de Tel-Aviv si l’aviation israélienne ne cesse «pas de cibler des civils». L’armée dit avoir ciblé des tunnels souterrains qui permettent, selon Israël, au mouvement islamiste de faire circuler ses munitions ainsi que les maisons de commandants du Hamas, affirmant que certaines servaient à «stocker des armes». Israël a décidé, en parallèle, de refermer un point de passage vers l’enclave palestinienne de Ghaza par lequel est acheminée de l’aide humanitaire, après des tirs d’obus, ont indiqué les autorités israéliennes.

Des obus ont été tirés en direction du point de passage de Kerem Shalom, «alors qu’entraient des camions transportant de l’aide civile, envoyée par des organisations humanitaires internationales», a indiqué le Cogat, organe israélien chargé des opérations civiles dans les Territoires palestiniens. «Il a été décidé de stopper l’entrée des autres camions», a ajouté cette source, dépendant du ministère de la Défense israélien. L’entrée de camions a été «coordonnée sur demande de la communauté internationale et après approbation du ministère de la Défense ce matin», a poursuivi le Cogat, précisant qu’ils transportaient notamment de l’équipement médical et des réservoirs de carburant «à destination d’organisations internationales» à Ghaza.

La diplomatie à l’épreuve

En Cisjordanie, Territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, Mahmoud Abbas a plaidé, devant l’émissaire américain Hady Amr, pour une «intervention» de Washington. Les présidents français et égyptien, Emmanuel Macron et Abdelfattah Al Sissi, travaillent eux aussi à une médiation et se sont à nouveau entretenus hier, avec en plus le roi Abdallah de Jordanie, selon l’Elysée. Un autre canal s’est ouvert, via l’ONU, aidé du Qatar et de l’Egypte.

De son côté, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a appelé à «un arrêt immédiat de toutes les violences et à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu» entre Israël et les Palestiniens, à l’issue d’une réunion en urgence des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE). «L’objectif est de protéger les civils et de permettre l’accès de l’aide humanitaire à Ghaza», a-t-il indiqué, relevant que cette déclaration bénéficie de l’appui de 26 des 27 Etats membres de l’UE, mais pas celui de la Hongrie. «Nous condamnons les attaques de roquettes du Hamas et d’autres groupes terroristes sur le territoire d’Israël, et nous soutenons totalement le droit d’Israël à se défendre (…), mais cela doit être fait de façon proportionnée et en respectant le droit humanitaire international», a-t-il poursuivi.

Les Etats-Unis se sont opposés lundi, pour la troisième fois en une semaine, à l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à «une cessation des violences» entre Israéliens et Palestiniens. Une quatrième réunion dudit Conseil était prévue hier.

 

 

 

 

Médecins du Monde dénonce des «crimes de guerre»

Médecins du Monde condamne les violences à l’origine d’innombrables morts et blessés dans les Territoires palestiniens occupés. A ce jour, 198 Palestiniens ont perdu la vie dans la bande de Ghaza, dont 58 enfants, selon les autorités sanitaires. L’ONG souligne que selon le droit international humanitaire, «les attaques délibérées contre le personnel et les structures médicales constituent un crime de guerre».
Dix Israéliens ont également perdu la vie suite aux tirs de roquettes. Médecins du Monde appelle la communauté internationale à intervenir afin que les deux parties au conflit respectent le droit international humanitaire et protègent les civils.
Médecins du Monde condamne la mort de deux collègues médecins et de leurs familles le 15 mai lors de bombardements. Le Dr Ayman Abu Al Ouf dirigeait le département de médecine interne à l’hôpital de Shifa. Sa femme, ses deux enfants et trois membres de sa famille ont également perdu la vie. Le Dr Moen A Aoul travaillait comme psychiatre pour le ministère de la Santé avant de prendre sa retraite.
Médecins du Monde condamne également les attaques ciblées des établissements de santé, et demande une enquête sur les tirs qui ont visé la route menant à l’hôpital de Shifa. «Nous exprimons également notre profonde inquiétude face aux dommages causés à la clinique de nos collègues de Médecins sans frontières, visée par un bombardement».
Selon Willy Bergogne, coordinateur général de la mission de Médecins du Monde à Ghaza, «le système de santé à Ghaza était déjà au bord de la rupture avant même ces événements. La Covid-19 est toujours très présente dans la bande de Ghaza et maintenant, le système de santé est frappé par un manque cruel de médicaments, d’eau et d’électricité».
Selon l’OMS, on dénombre 74 attaques contre des structures de soin dans les Territoires palestiniens occupés depuis le début du Ramadhan, dont la destruction partielle ou totale de structures de soin visées par des bombardements sur Ghaza.
Médecins du Monde souligne que «selon le droit international humanitaire, les attaques délibérées contre le personnel et les structures médicales, comme les hôpitaux, constituent un crime de guerre». L’ONG sanitaire appelle à «l’arrêt immédiat des violences et au respect et à la protection des civils et des structures médicales, conformément au droit international humanitaire». R.I.

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