mardi 22 juin 2021

Exposition «Extramuros» aux Ateliers Sauvages à Alger : A la conquête des formes futuristes

Du 5 au 26 juin 2021, 27 designers, architectes, ingénieurs et artistes investissent l’espace des Ateliers Sauvages à Alger.

L’exposition «Extramuros», qui se tient aux Ateliers Sauvages, qui offre des expériences de design – signées par des artistes à la vision futuriste- se veut un écrin à leurs créations.

Pour rappel, la première édition DZign 2020+1 ambitionne de montrer comment le design, par la diversité de ses méthodes d’action dans l’espace urbain, répond à des enjeux qui concernent la société dans son ensemble : développement durable, économique, culturel et social, c’est du moins ce que souligne la commissaire de cette manifestation Feriel Gasmi Issiakhem.

Ainsi cette exposition «Extramuros» ambitionne de mettre l’accent sur la nécessité pour les exposants de penser au-delà de leur sphère, afin d’ouvrir des réflexions collectives pour imaginer un futur commun avec un dénominateur commun, à savoir la ville d’Alger. L’ensemble des participants entre professionnels et étudiants sont venus avec des idées ingénieuses innovantes futuristes pour Alger.

A titre d’exemple, la jeune architecte Chahra Messaoui, de Souk-Ahras, présente son projet sélectionné par le jury de sélection lors de l’appel à candidature. Elle dévoile des équipements de rafraîchissement de l’espace urbain sous forme de maquettes, conçue pour la place de la Liberté de Biskra, ville au climat chaud et sec.

Elle a créé trois types ombrières modulables pour le confort thermique. Ces dernières peuvent s’adapter à n’importe quel climat. La première ombrière est constituée de deux lames pour contrôler l’ombre et l’ensoleillement.

Le deuxième, sous forme d’échiquier, comporte des pièces qui montent et descendent, aidés en cela par un système mécanique. La troisième ombrière se décline sous la forme d’un parasol, confortée par des pièces articulatoires, répondant à l’adaptation saisonnière. Chahra Messaoui est convaincue que ce mécanisme va être développé au futur grâce à l’ingénierie électromécanique.

Ahmed Ramzi Chergui est un artiste pluridisciplinaire qui participe à cette exposition avec un projet d’installation baptisé «Feelings Supermarket» Le supermarché des émotions. En effet, il est à la fois poète artiste peintre, designer et consultant en lancement et développement de projet.

A travers son installation bien pensée, cet autodidacte de Annaba traite des émotions. Il tente de sensibiliser les consciences autour de certaines problématiques itinérantes et actuelles à notre milieu urbain. «Je dirai, explique-t-il, que les questions abordées ici, c’est entre autres la question de l’environnement, de la crise de biodiversité et du réchauffement climatique.» Sur un support blanc, sont disposées des boîtes métalliques de conserve.

Pour le designer, les boîtes en question symbolisent les dérives de la société de consommation. «Détourné, c’est une démarche assez conceptuelle et subversive. Je traite la consommation mais ici ce que je veux mettre l’accent plus sur les émotions, sur les essentielles. Ce sont des marchandises émotionnelles.»

Il faut dire qu’Ahmed Ramzi Chergui fait beaucoup dans l’humour au second degré. Comme il le dit si bien, c’est de l’ironie, cette façon de détourner les boîtes de conserve «parce que cela symbolise l’art contemporain l’artiste américain Andy Warhol Andy Warhol qui est reconnu comme l’un des plus grands artistes du XXe siècle. Il est réputé pour ses boîtes de soupes Campbell’s. Pour ma part, j’ai conceptualisé ces boîtes pour me démarquer».

Le petit espace, où sont entreposés les objets d’Ahmed Ramzi Chergui, fait l’objet d’une mise en scène, représentée à travers un petit salon. Après avoir découvert, les boites de conserves, nous sommes dans une autre atmosphère, liée toujours à la consommation.

L’artiste propose, cette fois-ci, des bidons de lessive qu’il a costumisés pour leur donner un second usage. On devine en filigrane que la notion abordée ici est la notion de zéro déchet, puisque dans des fleurs en plastique, mixées avec des éléments végétaux sont mises dans ces bidons de lessive aux couleurs glacées.

A première vue, cela paraît naturel avec un côté de jardin artificiel. «Le plastique est recyclable. C’est une matière qui met des siècles à se dégrader», rappelle-t-il. De leur côté, le couple d’architectes, Sihem et Nacym Baghli, remet sur le tapis leur fabuleux projet d’un pont qu’ils ont appelé «Djisr El Djazair» ou le Pont d’Alger. Celui-ci se propose de relier les deux extrémités de la baie d’Alger d’El Marsa à Bab El Oued, sur une durée minimum de 15 minutes.

Toujours dans cette optique de facilitation de désengorger la ville, Amina Luisa Lachheb montre, quant à elle, une navette liant la gare d’Oran à son port maritime, sur 4 km. Un espace est réservé pour les vélos et un autre espace pour les spectacles, tous genres confondus.

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