mercredi 23 juin 2021

Expérimentés au LBM de l’université d’Annaba : Des codes-barres pour la biodiversité algérienne

Assurément, c’est tout à fait possible. Comme pour les produits manufacturés vendus dans le commerce, les espèces vivantes, animaux et plantes, de la plus grande à la plus minuscule jusqu’aux microorganismes, vont pouvoir porter un code-barres qui permettront de les identifier et de les inventorier rapidement et efficacement dans le milieu où elles se trouvent.

A partir d’un échantillon d’eau, de sol ou de fèces, grâce aux nouvelles technologies de séquençage de l’ADN, le code-barres ADN (barcoding moléculaire ou DNA barcoding en anglais), va permettre «d’effectuer des inventaires, de reconstituer des paléo-environnements, de caractériser des régimes alimentaires, tout en offrant des perspectives pour la traçabilité par l’ADN et le contrôle d’authenticité des produits agro-alimentaires et cosmétiques», expliquent François Pompanon, Eric Coissac, Pierre Taberlet, auteurs d’un dossier sur la méthode et ses applications pratiques.

Dès 2003, Paul Hebert zoologiste à l’université de Guelph au Canada, inventeur du concept, a dit «qu’on pourra un jour suivre l’évolution de la vie sur la planète comme on suit, aujourd’hui, la météo. La science de la biodiversité entre dans un âge d’or».

En effet, après des décennies de recherche pour identifier de nouvelles espèces et les positionner dans l’arbre de la vie, il est aujourd’hui possible de «détecter rapidement des milliers d’espèces en quelques heures à partir d’un seul échantillon et pour quelques centimes seulement». Si le concept a été mis au point depuis bientôt 20 ans, en Algérie, la technique n’est pas répandue pour ne pas dire inconnue.

Inventaire génétique

Elle est en cours d’expérimentation depuis 2019 dans le Laboratoire des bio ressources marines (LBM) de l’université d’Annaba qui a initié un projet financé par le PNR (Programme national de la recherche) avec l’objectif d’une large diffusion pour sa mise en application dans divers secteurs, les pêches, la santé et la conservation de la biodiversité.

Le projet est lancé en partenariat avec le Centre de recherche en biotechnologie de Constantine, la Tour du Valat en Camargue, l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier et le programme de coopération algéro-français PHC Tassili. L’objectif est de faire l’inventaire génétique de la biodiversité des zones humides, mais aussi côtières, algériennes en attribuant un code-barres à chaque espèce (barcoding moléculaire).

Par cette technique, on va se diriger vers la « génomique environnementale » qui consiste à connaître la biodiversité totale d’un milieu aquatique (lac, rivière, mer), uniquement à partir de l’analyse d’un échantillon d’eau.

Mais en quoi cela consiste-t-il ? En quelques mots, un code-barres moléculaire est un fragment d’ADN présent chez tous les organismes vivants. La séquence de ce fragment d’ADN est quasiment identique chez des individus qui appartiennent à la même espèce, et permet donc de déterminer l’espèce à laquelle appartient un individu en ne connaissant que la séquence de ce fragment d’ADN (CQFD).

Selon le Dr Ammar Azioune, c’est le premier projet en Algérie qui est axé sur le développement et le transfert de cette technologie. Pour le Pr. Hichem Kara, le projet est à caractère appliqué et surtout prévisionnel. Ses conclusions vont, entre autres, renseigner les décideurs sur le devenir de la pêche et sur son potentiel économique futur.

Slim Sadki

 

 

Partenaires  du projet : le Laboratoire bio-ressources marines d’Annaba (LBM)

Agréé depuis 2003, il est composé de quatre équipes de recherche qui couvrent plusieurs domaines de l’océanographie biologique. Il mène des actions diversifiées qui visent des objectifs de recherche et de développement dans les domaines de la biodiversité, de l’évolution des écosystèmes sous l’action anthropique et des productions biologiques. Ses réalisations sont nombreuses et d’un grand intérêt pour de nombreux secteurs socio-économiques, tels que l’environnement, la pêche, l’aquaculture, la culture et le tourisme.

La Tour du Valat

Située au cœur de la Camargue française et de renommée internationale pour la recherche sur la conservation es zones humide, la TdV une fondation de statut privé reconnue d’utilité publique. Luc Hoffman, son fondateur en 1954, est l’un des initiateurs du projet Mar qui évoluera pour donner la convention Raamsar. La TdV est partenaire dans ce programme de recherche dans le cadre d’un partenariat Hubert-Curien (PHC-Tassili), avec pour but de comparer la biodiversité des zones humides d’El Kala et celles de Camargue.

L’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier

Vieux de 40 ans, cet institut est partenaire du Laboratoire bioressources marines d’Annaba depuis une trentaine d’années, à travers des projets de recherche et des thèses en codirection. Ensemble, ils s’intéressent à l’origine et la dynamique de la biodiversité, en articulation avec des recherches appliquées et prédictives autour des questionnements scientifiques et sociétaux majeurs du XXIe siècle.

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