samedi 19 juin 2021

Elections législatives : Peu de listes dévoilées à Tizi Ouzou

L’ambiance régnant au chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou n’indique aucunement qu’on est à quelques jours seulement d’un rendez-vous électoral.

Les tableaux réservés à la campagne des législatives du 12 juin sont dégarnis, à l’exception de ceux de la rue Lamali, où nous avons remarqué les photos des détenus du hirak à la place de celles des candidats, dont plusieurs n’ont pas encore décliné leurs listes.

Celles-ci demeurent comme le secret le mieux gardé de certains prétendants à la prochaine législature. Il y a même des leaders de parti qui ont tenu leurs meetings devant une assistance clairsemée et en l’absence même de candidats. «Même les plus concernés ne sont pas venus», a murmuré le représentant d’une formation politique en lice dans la wilaya de Tizi Ouzou. Si certains candidats arrivent à tenir leurs rencontres au chef-lieu de wilaya, il n’en demeure pas moins que dans les localités rien ou presque n’est organisé dans le cadre des législatives.

Ceux qui s’y aventurent sont souvent stigmatisés par les citoyens. C’est le cas d’ailleurs des deux candidats qui ont été obligés de suspendre leur discours lors d’une activité organisée dans la commune des Ouacifs, à 40 kilomètres au sud-est de Tizi Ouzou. Des individus ont investi la salle avant de sommer l’assistance et les animateurs du meeting de quitter les lieux. «Dégagez, dégagez !», «Makanch intikhabat maa el îssabat !» (Il n’y aura pas d’élections avec la bande), «Ulac Lvot Ulac !» (Il n’y aura pas de vote), «Des citoyens sont en prison et vous voulez devenir députés dans cette situation !», ont-ils crié à l’endroit des candidats en question.

Ces scènes ont été filmées et la vidéo a été postée sur les réseaux sociaux. Cette action a, semble-t-il, dissuadé plusieurs autres postulants à la députation à animer des meetings en dehors du chef-lieu de wilaya. Ils se contentent seulement des rencontres de proximité avec les citoyens mais sans toutefois se faire remarquer dans les endroits susceptibles d’être repérés, surtout par de farouches partisans du rejet des élections.

Cette méthode est utilisée, entre autres, par les membres de la liste d’indépendants Thagmats, que conduit le président de l’APC de Tizi Ouzou, Ouahab Aït Menguellet, transfuge du RCD, qui a sillonné certains quartiers et villages. Le maire de la commune du chef-lieu de wilaya veut miser sur quelques têtes connues dans la région, à l’image d’Idir Ikkene, vice-président (RND) à l’APW, et Lydia Guerchouh, docteur en langue et culture amazighes, vice-doyenne de la faculté des lettres et langues à l’université Mouloud Mammeri et membre de l’Académie algérienne de langue amazighe. La liste a été rendue publique il y a seulement quelques jours, tout comme d’autres candidats dont les noms ont été dévoilés cette semaine.

On peut citer, entre autres, ceux qui sont en compétition sous la coupe du FNA, représenté par Omar Aït Mokhtar, un candidat malheureux aux dernières législatives. Notons aussi que le secrétaire général de Jil Jadid, Soufiane Djillali, qui devait se déplacer hier à Tizi Ouzou pour animer un meeting à la maison de la Culture, a fait faux bond pour la deuxième fois, puisqu’il avait déjà été annoncé pour la première semaine de la campagne.

Pour parer à cette défection, le représentant de Jil Jadid, Hachemi Touzane, président de l’association Amusnaw (dissident du RCD), et le Dr Lakhdar  Amokrane, membre de la direction du parti, sont intervenus pour expliquer les raisons de leur participation au scrutin de samedi prochain. Le même jour, Hakim, le fils de l’industriel Lakhdar Madjene, a dévoilé sa liste d’indépendants qui est en course sous l’appellation «L’appel du peuple». Le parti de Bengrina (El Bina) y est également en lice, mais sa campagne se fait, jusque-là, en catimini, car les concernés ne se sont pas encore manifestés, à l’instar du FM, El Karama, FAN, le FBG, ANR, FRA, ME, El Fadjr El Jadid, PVP, El Infitah et le PAVD.

Chez le FLN et au RND, c’est aussi le black-out. Hormis quelques passages sur les ondes de la radio locale, aucune apparition sur le terrain de ces deux formations politiques n’est constatée. Il est utile de rappeler qu’à Tizi Ouzou, 20 listes, dont quatre composées de candidats indépendants, sont en compétition pour occuper les 11 sièges réservés à la wilaya.

La campagne électorale pour le prochain scrutin est passée presque à vide. Certains candidats ont opté seulement pour les réseaux sociaux afin de communiquer avec une population qui tourne le dos aux élections. «Le peuple est dans la rue depuis plus de deux ans et rien n’a changé. Les candidats veulent nous faire croire que le système est parti. Il y a des enfants du même système qui reviennent pour protéger leurs intérêts», fulmine un citoyen de la région.

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