samedi 19 juin 2021

Des rassemblements dans plusieurs villes du pays : Les avocats se solidarisent avec leur confrère Abderraouf Arslane

L’arrestation et le placement sous mandat de dépôt de Abderraouf Arslane, avocat et membre du comité du hirak, continuent de susciter la colère et l’indignation des citoyens, et plus particulièrement des robes noires.

Des rassemblements ont été organisés dans plusieurs villes du pays en solidarité avec cet avocat des hirakistes, qui est, depuis mercredi dernier, placé sous mandat par le juge d’instruction du tribunal de Tébessa. A Béjaïa, un rassemblement a été observé dans l’enceinte de la cour de justice de la ville, à l’appel du bâtonnat, pour dénoncer la détention de Me Abderraouf Arslane.

Driss Abderrahmane, le nouveau bâtonnier qui a lu la lettre de dénonciation de l’Ordre des avocats de Béjaïa, a déclaré : «L’assemblée de notre organisation rejette catégoriquement ce genre d’attitude (du pouvoir, ndlr) contraire aux conventions internationales, aux Constitutions et qui sont en porte-à-faux avec les lois et règlements, notamment les articles 1 et 123 du code de procédure pénale relatifs à la présomption d’innocence et les libertés des personnes». Avant de conclure, le bâtonnier a déclaré la session de l’assemblée de son organisation ouverte dans le but de suivre l’évolution de la situation qui dictera les actions à entreprendre à l’avenir.

A Tizi Ouzou, les avocats ont tenu, hier, un sit-in devant la cour de justice pour réaffirmer leur soutien à Me Arslane. Intervenant lors de cette action de protestation, le bâtonnier de Tizi Ouzou, Salah Brahimi, a souligné que ce sit-in est observé pour «dénoncer l’arrestation dont a fait l’objet Me Arslane, qui a été mis sous mandat de dépôt par le juge», tout en exigeant sa libération. «En attendant la décision de la chambre d’accusation, nous restons toujours mobilisés. S’il n’est pas libéré, nous allons entreprendre d’autres actions de protestation, en concertation avec les autres barreaux.

Et ce, pour sortir avec une décision nationale», a-t-il lancé, avant d’exhorter ses confrères à manifester continuellement leur solidarité aux avocats engagés dans le mouvement populaire enclenché le 19 février 2019 pour le départ du système. «Il faut qu’on soit toujours solidaires avec les avocats engagés dans le hirak et donner une leçon de démocratie et de patriotisme», a-t-il insisté.

Durant la même manifestation, d’autres membres de la corporation des robes noires ont pris la parole pour s’élever contre cette arrestation qui porte, selon eux, atteinte à l’exercice de leur profession. «L’avocat est une ligne rouge. Il connaît ses droits et son travail, il ne doit pas être mis sous mandat de dépôt», a affirmé Me Kaci Rahem. «Le pouvoir a usé de procédés attentatoires à la défense. La réunion du Conseil de l’Ordre reste ouverte pour suivre l’évolution de la situation, car la mise sous mandat de dépôt d’un avocat est une violation grave», a martelé Me Leila Hadj Arab.

Avant-hier, le barreau de Tébessa a observé, comme première action, un sit-in de protestation devant la cour de justice de la wilaya en solidarité avec l’avocat incarcéré. Me Bouadir Mohamed, bâtonnier de Tébessa, a rappelé le principe juridique selon lequel toute personne qui se voit reprocher une infraction est présumée innocente, tant que sa culpabilité n’a pas été établie. C’est le cas, dit-il, de Me Arslane dont les atteintes à sa présomption d’innocence sont prévenues et réprimées dans les conditions prévues par la loi.

Le barreau de Tébessa avait également appelé l’Union nationale des Ordres des avocats à «tenir une réunion extraordinaire pour étudier la situation». Un autre appel a été lancé aux différents barreaux pour se solidariser avec l’avocat mis sous mandat de dépôt. Selon certains avocats, Me Arslane a été placé sous mandat de dépôt sur un chef d’inculpation «criminel», il est accusé de faire partie d’une organisation terroriste (Rachad). Un délit que l’avocat ainsi que le bâtonnat de Tébessa ont nié et récusé en bloc.

Par ailleurs, le mouvement Doustourouna, dont Me Arslane est membre fondateur, s’est élevé contre les griefs retenus contre leur élément et contre ce qu’il a qualifié d’«accusation politique». «L’audition par le procureur, avec la présence de l’Ordre des avocats du fait de sa profession, donne corps à une accusation politique en bonne et due forme et démontre que ce pays glisse vers une répression brutale et aveugle de toutes les voix libres qui aspirent à un Etat de droit, un Etat de respect de la justice et des libertés», a écrit Doustourouna dans un communiqué publié sur sa page Facebook.

Selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), l’audience de l’avocat Abderraouf Arslane est programmée pour aujourd’hui devant la chambre d’accusation près la cour de Tébessa.

L’article Des rassemblements dans plusieurs villes du pays : Les avocats se solidarisent avec leur confrère Abderraouf Arslane est apparu en premier sur El Watan.

简体中文 简体中文 English English Français Français Italiano Italiano Русский Русский Español Español