mardi 22 juin 2021

[Contribution]Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin en Algérie

(MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), deux maladies qui se caractérisent par une inflammation chronique du système digestif évoluant par poussées alternant des périodes d’accalmies.

Elles se manifestent principalement par des crises de douleurs abdominales, de diarrhées et d’émission de sang avec les selles pouvant durer plusieurs semaines ou mois. Fatigue, perte de poids, dénutrition et même des symptômes non digestifs qui touchent la peau, les articulations ou les yeux peuvent survenir. En cas de maladie de Crohn, l’inflammation peut toucher n’importe quelle partie du tube digestif mais le plus souvent elle s’installe au niveau de la partie terminale de l’intestin grêle et le colon. Dans la RCH, l’inflammation est localisée au niveau du rectum et du colon.

L’incidence de ces pathologies plus marquée en Europe et en Amérique du Nord, semble en nette augmentation dans notre population. Les études des grands centres hospitalo-universitaires.

En Algérie durant la période 2003 et 2012 ont montré une incidence estimée à 2 à 3/10 5 Habitants et une prévalence à 20 à 25/10 5 Habitants. La fréquence reste sous estimée du fait de l’insuffisance du système de santé. De ce fait, ces pathologies demeurent méconnue de grand publique et souffre d’un moindre intérêt de la part de la recherche dans notre pays.

Compte tenu de sa fréquence en hausse, de sa gravité potentielle, du cout élevé de sa prise en charge, ces pathologies posent un réel problème de santé publique d’autant plus qu’elles touchent la population jeune active âgée entre 20 et 40 ans, aussi bien les hommes et les femmes. Cette tranche d’âge qui représente le moteur du développement socio-économique et donc l’impact sur l’économie de notre pays pourrait être considérable.

Les causes de ces pathologies restent inconnues à ce jour. On sait simplement qu’elle résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire favorisé par des facteurs infectieux, environnementaux et génétiques.

L’examen de référence pour le diagnostic est la coloscopie. Si nécessaire, un examen d’imagerie(IRM abdominale) peut compléter l’examen pour étudier l’intestin grêle.

A l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement pour guérir ces pathologies. L’objectif du traitement étant de réduire l’inflammation et de soulager les symptômes permettant ainsi une qualité de vie satisfaisante en dehors des poussées. Un traitement chirurgical est parfois nécessaire quand le traitement médical n’est pas efficace ou en cas de complication aigue. En absence de traitement, des complications peuvent survenir, notamment les occlusions et les perforations intestinales et le risque accru de cancer colorectal.

Le patient atteint de MICI voie un bouleversement de sa vie quotidienne dés l’annonce du diagnostic. Non seulement les conséquences de la maladie sur sa santé mais aussi le retentissement socioprofessionnel, psychologique et le regard différent de la société qui l’oblige parfois à cacher sa maladie.   

Devant cette pathologie handicapante, le patient prévoie une amélioration de sa prise en charge médicale en offrant des nouvelles molécules thérapeutiques qui permettent une rémission longue de la maladie, un soutien psychologique et sociale, une éducation thérapeutique pour mieux comprendre sa maladie. Les patients espèrent reconnaitre ces pathologies comme maladie chronique dans les cadres de travail afin de diminuer le stigmate social qui entoure souvent ces maladies et d’aider à améliorer leur qualité de vie générale.

 

Algérie: Le retard diagnostique observé est lié à la limite d’exploration

En Algérie, la prise en charge diagnostique et thérapeutique reste limitée et ne permet pas à subvenir aux besoins des attentes des patients.

Le retard diagnostique observé est lié à la limite d’exploration, à la prise en charge tardive et surtout à la méconnaissance de ces pathologies par le personnel de santé et le grand publique.

Les différents traitements utilisés en Algérie restent les même depuis des années malgré des nouvelles avancés thérapeutiques développés dans le monde offrant un meilleur control de la maladie.

Pour améliorer ces insuffisances, les professionnels de santé et les autorités sanitaires doivent unir leurs forces et leurs compétences pour répondre efficacement aux défis de ces pathologies lourdes et invalidantes.

Le développement de l’industrie pharmaceutique pour acquérir des molécules plus efficaces

Dans l’avenir, les patients attendent des mesures efficaces pour améliorer les soins et leurs qualité de vie à savoir la mise à disposition des moyens d’exploration aux praticiens de santé dans tous le territoire national pour permettre un diagnostic précoce, le développement de l’industrie pharmaceutique pour acquérir des molécules plus efficaces permettant une longue durée de rémission et le soutien des associations de patients dans leurs activités pour mieux gérer la maladie.

En fin la création d’un registre épidémiologique national des MICI est actuellement une priorité qui va nous permettre d’avoir des données plus précises en incidence et en prévalence en Algérie et va ouvrir ainsi des voies de recherche cliniques et thérapeutiques.

 PR TITSAOUI DJAMILA
Chef de service d’hépato-gastro-entérologie du CHU de SBA

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