samedi 19 juin 2021

Arrêtés lors de la tentative de marche de vendredi dernier : Plusieurs «hirakistes» placés en garde à vue

Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées vendredi. Placées en garde à vue, elles devront être présentées, aujourd’hui, devant les différentes juridictions du pays.

Selon un décompte établi par le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), il y aurait eu au moins 900 arrestations à travers une vingtaine de wilayas. «Il y a eu entre 900 à 1000 interpellations, particulièrement à Alger et Bouira (200)», précise, à El Watan, Kaci Tansaout, coordinateur du CNLD. Parmi les personnes arrêtées, plusieurs dizaines avaient été placées en garde à vue. «Au total, 8 wilayas sont concernées par les gardes à vue. Il s’agit de la wilaya d’Alger où le nombre exact de personnes placées en garde à vue n’est pas encore connu.

Il y a eu aussi des placements à Skikda (14), Tizi Ouzou (4), Mila (1), Bordj Bou Arréridj (2), Constantine (2), Boumerdès (6), Tébessa (1). Il s’agit de Aziz Bekakria arrêté jeudi soir», détaille Tansaout. Selon l’activiste Zaki Hannache, jusqu’en fin de soirée de vendredi, le décompte qui a été établi fait ressortir que 34 personnes avaient été placées en garde à vue dans différents commissariats, parmi elles 5 femmes. «Le chiffre va augmenter, il y a des citoyens placés en garde à vue à Alger et dont on n’a pas pu confirmer les noms», signale-t-il.

La 118e marche du mouvement populaire a été empêchée. Un impressionnant dispositif sécuritaire déployé à travers les wilayas du pays, particulièrement à Alger, a dissuadé les manifestants d’occuper la rue. Dans la capitale, des activistes ont été interpellés et conduits dans les commissariats, parmi eux des femmes. Originaires des wilayas de Boumerdès, Tipasa, Béjaïa, Saïda, les activistes, empêchés de marcher à Alger, seront présentés aujourd’hui devant le procureur. Une centaine de manifestants du hirak ont été placés sous mandat de dépôt ces dernières semaines à travers le pays, certains ont même été condamnés à des peines de prison ferme.

Des détenus d’opinion sont actuellement en grève de la faim, parmi lesquels le lanceur d’alerte Noureddine Tounsi, ont annoncé les avocats du collectif de défense. Des partis de la mouvance démocratique et des personnalités politiques ont dénoncé l’option «tout-sécuritaire» engagée par les autorités pour en finir avec le mouvement populaire. «La solution du ‘‘tout-sécuritaire’’ ne fera que différer la solution de la crise politique actuelle, accentuer la crise de confiance et de légitimité des institutions et amplifier le sentiment de la hogra qui a fait sortir le peuple dans la rue en février 2019. Par son recours à la force, le pouvoir avoue l’échec de sa feuille de route politique.

A l’antipode de ses promesses de l’‘‘Algérie nouvelle’’, il a régénéré un système pire que celui de Bouteflika qui a été démis par le peuple», tranche Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH). Il est à noter que les pouvoirs publics (ministère de la Justice, police, etc.) n’ont pas communiqué sur le nombre des arrestations et celui des placements en garde à vue.

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