vendredi 25 juin 2021

Arrêter de fumer : des méthodes adaptées à tous

Si on vous dit que la consommation de tabac provoque de nombreuses maladies graves comme les cancers, les maladies cardio-vasculaires entre autres, on ne vous apprendra rien. Il existe néanmoins moult idées reçues autour de l’arrêt du tabac.

Nous sommes de moins en moins nombreux à être accros à la cigarette. En 2019, 24% des Français fumaient tous les jours selon les chiffres du Baromètre de Santé Publique France. Soit 1,4 point de moins que l’année précédente. Cette baisse résulte de plusieurs facteurs. La hausse du prix du paquet, le remboursement des substituts nicotiniques, le renforcement de la lutte contre le tabac entre autres. Pourtant, la cigarette cause encore 75 000 décès par an dans notre pays. Et arrêter de fumer fait parfois figure de mission impossible. Certaines peurs expliquent cette vision. Celle de prendre du poids par exemple. On a peur de ne pouvoir y arriver, de manquer de volonté, etc.

« Les fumeurs sont persuadés d’être des coupables. C’est faux… Il faut rappeler que le fumeur n’est pas un coupable, ni quelqu’un qui manque de volonté. C’est une victime. Une victime de l’industrie du tabac », explique le professeur Bertrand Dautzenberg, tabacologue à l’Institut Arthur Vernes à Paris. Vu sous cette angle, il est déjà plus facile de tenter de se défaire de ce qui reste une vraie addiction.

De même, les fumeurs qui se remettent à fumer ne doivent pas culpabiliser ou avoir honte de leurs rechutes. Elles sont même la règle et non l’exception ! En moyenne, on estime qu’il faut en moyenne au moins deux tentatives.

Selon d’autres statistiques toujours issues du Baromètre de santé publique, 60% des fumeurs ont envie d’arrêter et 40% tentent de le faire chaque année. Mais sans aide, seulement 5% y parviennent définitivement. Le plus important dans un premier temps n’est pas d’arrêter mais plutôt de ne plus avoir envie de fumer. Le recours à un spécialiste, qu’il soit pharmacien ou médecin, peut être une vraie solution efficace. Il vous proposera la méthode la plus adéquate en fonction de votre personnalité, et votre degré de dépendance. Parmi les méthodes proposées, il en existe de toutes sortes.

Les substituts nicotiniques

Fréquemment prescrits, ils préviennent les symptômes de manque que provoque l’arrêt du tabac. C’est-à-dire l’irritabilité, l’anxiété, la nervosité, les insomnies, la faim, les difficultés de concentration. Ils permettent d’apporter une dose de nicotine dans l’organisme, variable selon les produits, idéale pour renoncer à s’en griller une petite.

Les substituts nicotiniques se présentent sous forme de patches, de gommes, de pastilles, de sprays ou de comprimés. Vous pouvez les choisir selon vos goûts et préférences, en fonction de ce qui vous semble le plus agréable. Il est préférable de faire évaluer la dose qui vous est nécessaire par votre médecin pour augmenter vos chances de réussite. Leur efficacité est reconnue par la majorité des spécialistes. A condition de se soumettre à des « contrôles » réguliers auprès de votre médecin pour pouvoir tenir la distance. Il existe certains effets secondaires : irritations de la peau avec les patches, sommeil perturbé, réveils nocturnes, ou rêves bizarres et délirants dans 40% des cas.

L’acupuncture

Pour l’arrêt du tabac, l’acupuncture ne possède qu’un effet placebo. Cette méthode va agir plutôt en apportant de la détente chez le fumeur, le calmer… mais indirectement, en complément. Si elle ne fonctionne pas chez tout le monde, elle peut marcher chez certains fumeurs (encore une fois grâce à l’effet placebo). Elle est donc réservée à ceux ou celles qui veulent être pris en charge régulièrement par un praticien. Les séances vont représenter un moment de détente qui aideront à mieux gérer l’arrêt du tabac.

L’hypnose

Là encore, l’hypnose n’a pas démontré scientifiquement son efficacité. Mais elle n’a pas non plus prouvé son inefficacité. Donc là encore, c’est une question très personnelle. On peut être sensible à la méthode d’un praticien et réussir à arrêter grâce à cette méthode, mais comme pour l’acupuncture, on ne peut pas garantir son efficacité à 100%… L’auto hypnose est intéressante pour ne pas reprendre. Il s’agit de petits exercices à pratiquer seul chez soi, que l’on peut apprendre auprès d’un professionnel ou sur certaines vidéos disponibles sur internet.

En savoir plus sur l’hypnose pour arrêter de fumer.

La cigarette électronique

L’avantage de la cigarette électronique c’est que l’on conserve le geste. De plus, on peut continuer à avoir une vie sociale normale. Le seul problème est qu’en gardant le geste, on n’apprend pas à se passer de cigarette, électronique ou pas. Elle peut être un soutien dans un premier temps, mais par la suite, il peut être judicieux de passer à une autre méthode.

Le Champix

Ce médicament agit sur les récepteurs nicotiniques. Il empêche la nicotine de se déposer sur ces récepteurs en question, ce qui bloque la stimulation du système qui renforce le plaisir de fumer. Les nausées, maux de tête, insomnies, ou cauchemars font partie de la liste des effets secondaires. Depuis 2017, il est remboursé à 65% par la sécurité sociale. Il est réservé aux fumeurs très dépendants sur lesquels son efficacité a largement fait ses preuves.

Les applications sur smartphone

Les appli pour arrêter de fumer sont des aides intéressantes sur le plan psychologique. Elles font office d’accompagnement, stimulent le futur ex fumeur au quotidien. Elles peuvent aider en complément d’une autre méthode, mais seules, elles peuvent à long terme perdre de leur efficacité.

Les thérapies cognitives et comportementales

Elles permettent de changer d’habitudes et de comportements, en faisant diminuer le stress par exemple. Souvent, ce dernier est en effet à l’origine de la consommation régulière de tabac. Ces thérapies consistent à proposer par exemple des exercices élaborés de respiration quand la pression monte trop. C’est une méthode qui propose un arrêt sur le long terme. Le praticien mise tout sur le renforcement des capacités du patient à devenir totalement abstinent. Si elles sont très efficaces (à condition d’être assidu), elles sont encore très mal remboursées.

Merci au Professeur Bertrand Dautzenberg, Tabacologue à l’institut Arthur Vernes de Paris auteur de Le plaisir d’arrêter de fumer, aux éditions First.

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