mardi 15 juin 2021

Alors qu’un accord sur l’Iran est en perspective : Quelle stratégie pour l’Opep ?

L’OPEP et ses alliés devraient réaffirmer leur plan de relance de la production pétrolière lors de leur réunion prévue mardi prochain, rétablissant un peu plus la production interrompue pendant la pandémie.

La majorité des analystes interrogés par Bloomberg ont estimé que l’OPEP+ pourrait ratifier une augmentation de 840 000 barils par jour prévue pour juillet, complétant un processus en trois étapes pour relancer un peu plus de 2 millions de barils cet été. Plusieurs délégués de l’OPEP+, qui ont demandé à ne pas être identifiés, ont dit la même chose, précise encore l’agence de presse.

Les marchés du brut ont jusqu’ici confortablement absorbé les barils supplémentaires, les prix grimpant au-dessus de 70 dollars le baril à Londres la semaine dernière, pour la première fois en deux mois. Les contrats à terme sur le Brent se sont depuis légèrement assouplis, au milieu des inquiétudes suscitées par la dernière épidémie de virus en Inde.

Le vice-Premier ministre russe, Alexander Novak, estime que la demande mondiale de pétrole dépasse l’offre d’environ 1 million de barils par jour, selon un rapport publié mercredi par l’agence de presse Interfax. Les analystes sont nombreux cependant à rester prudents dans leur projection, rappelant que l’OPEP+ a souvent surpris les observateurs du marché, en particulier sous la direction du ministre saoudien de l’Energie, Abdelaziz Ben Salmane, qui a, à maintes reprises, dénoncé explicitement les spéculateurs.

Ainsi, comme le rappellent des comptes rendus de la presse spécialisée, lorsque les analystes s’attendaient à ce que l’OPEP+ accepte d’ajouter 1,5 million de barils par jour, lors d’une de ses dernières réunions, le groupe choisissait de maintenir une production très restreinte. Plus tard, on s’attendait à ce que l’alliance maintienne sa production stable et elle annonçait plutôt une augmentation progressive de la production, qui est actuellement en cours et s’étendra jusqu’au mois de juillet prochain.

Une fois ce délai passé, le réseau des 23 pays conservera encore environ 5,8 millions de barils de production quotidienne de brut hors ligne. Cela représente environ 6% des approvisionnements mondiaux.

Pour les négociants en pétrole, la plus grande question est de savoir à quelle vitesse l’OPEP et ses alliés relanceront la production plus tard cette année. En théorie, il y a un déficit d’approvisionnement béant pour l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires à combler au cours du second semestre alors que les économies s’ouvrent et que la demande de carburant monte en flèche. Pourtant, note Bloomberg, le groupe devra peser cela avec le risque de nouvelles épidémies de virus en Inde et ailleurs, et la perspective d’un approvisionnement supplémentaire de la part de l’Iran.

Les cours du pétrole ont affiché cette semaine leur plus forte hausse depuis mi-avril. Le baril de Brent pour livraison en juillet a terminé vendredi, dernier jour de cotation, à 69,63 dollars, en hausse de 17 cents ou +0,24% par rapport à la clôture de la veille. Sur la semaine, il a bondi de 5,71%.

A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, pour le même mois s’est légèrement replié de 53 cents ou 0,79% à 66,32 dollars. Mais sur la semaine, il a engrangé 4,81%.

Les cours des deux contrats de référence naviguent proches de leurs plus hauts annuels atteints début mars, à 71,38 dollars pour le Brent et 67,98 dollars pour le WTI.

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