vendredi 25 juin 2021

118e Vendredi du hirak : Alger ville interdite 

Un dispositif de sécurité sans précédent a été déployé, hier, dans les rues d’Alger, à l’occasion du 118e vendredi du hirak. Tous les boulevards, rues, placettes ont été bouclés.

A un certain moment, aucun moyen de passer d’un quartier à un autre, ou même d’une ruelle à une autre. Les passants sont stoppés, leurs documents vérifiés et interrogés sur leurs destinations. La rue Hassiba Ben Bouali a été carrément fermée au niveau de la place du 1er Mai. Aucun moyen de passer d’un côté à un autre. Ceci jusque vers 14h30. Certaines personnes ont tenté d’accéder à la Grande-Poste par l’hôpital Mustapha, mais pas moyen aussi. Seul l’accès principal au niveau de la place du 1er Mai a été laissé ouvert. Que ce soit à ce niveau là ou à la Grande-Poste, rue Asselah, rue Larbi Ben M’hidi, aucun regroupement, même de trois, quatre personnes, n’est toléré. Les citoyens sont «priés» de circuler. «Alger, la bleue», ironisent des passants au vu du nombre de policiers et de véhicules mobilisés sur place, et ceci dès les premières heures de la journée.

Les mosquées, qui accueillent beaucoup de manifestants, ont été aussi encerclées. A Bab El Oued, par contre, où la marche a l’habitude de démarrer, c’est carrément la répression. Le premier groupe qui a tenté de marcher a été réprimé. Plusieurs arrestations ont été enregistrées. «Dès qu’on a essayé d’occuper la rue, ils nous ont réprimés. Plusieurs manifestants ont été embarqués», nous dira un citoyen qui voulait prendre part à la manifestation, comme il le fait, selon ses dires, depuis le début du hirak. «On a tout fait pour éviter les affrontements avec les services de sécurité. C’est pour cela qu’on n’insiste pas. On est responsables. On veut préserver l’aspect pacifique du hirak», a-t-il ajouté. Les manifestants sont restés sur les trottoirs ou dans des ruelles adjacentes au boulevard Mira pendant un moment, avant de se disperser. Entre-temps, des policiers passaient pour leur demander de quitter les lieux. Même chose ailleurs.

LES MANIFESTANTS DISPERSÉS

A la Grande Poste, les quelques personnes qui ont pu franchir les différents cordons de sécurité, s’étant déplacées sur les lieux avant midi et qui ont tenté de se regrouper, ont également été dispersées ou, dans certains cas, arrêtées. En haut de la rue Didouche Mourad, le siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a été bouclé. Arrêté vendredi dernier pendant plusieurs heures, son président, Mohcine Belabbas, a été empêché lui aussi de marcher. «Le siège du RCD a été encerclé après la sortie de Mohcine Belabbas. Plus loin, rejoints par de nombreuses personnes, dont des militants et cadres du parti, la police nous empêche de circuler en face du tunnel des Facultés où le docteur Chibane est interpellé. En face du siège, le militant Saïdani Amar a été interpellé à sa sortie du siège, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à l’hôpital», dira l’ancien député et membre du conseil national du RCD, Atmane Mazouz. Plusieurs autres interpellations ont également été enregistrées.

En tout cas, personne ne pouvait tenter quoi que ce soit avec le dispositif déployé hier. «Le dispositif sécuritaire déployé ce vendredi me rappelle le 5 Octobre 1988», a écrit sur les réseaux sociaux Fethi Ghares, coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), lui aussi arrêté durant la marche du 117e vendredi, avant d’être relâché plusieurs heures après. Il faut noter, par ailleurs, que la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) avait annoncé jeudi que «les trains de la banlieue d’Alger et les trains intervilles et les grandes lignes seront supprimés vendredi, afin de permettre aux équipes de la maintenance de réparer la panne survenue dans le poste d’aiguillage de la gare d’Agha».

Le tramway a été également mis à l’arrêt durant la journée d’hier. A signaler en dernier lieu que le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a commencé à donner l’identité des personnes arrêtées, dans la capitale ou dans d’autres wilayas, comme ce fut le cas à Annaba, Tlemcen, Béjaïa, Bouira ou Jijel, pour ne citer que ces dernières villes, en fin d’après-midi. Leur nombre n’a pas encore été établi.

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